PARIS, 2 janvier 2009 (AFP) - François Fillon, apparemment conforté par Nicolas Sarkozy, veut se concentrer début 2009 sur la mise en oeuvre du plan de relance, première urgence d'une année qui s'annonce riche en "difficultés".
"Dans une crise très grave", le plan de 26 milliards sert à "mobiliser toutes les énergies", a plaidé le Premier ministre vendredi, lors de sa première visite de l'année, qu'il a réservée à l'atelier d'entretien des rames TGV-Est à Pantin (Seine-Saint-Denis).
"Ce qui compte, c'est d'investir en 2009 le maximum d'argent possible pour que l'activité redémarre (...) Quand l'économie va repartir, tout le monde en profitera", a-t-il affirmé.
"Sa grande priorité actuelle, c'est mettre en oeuvre la relance au plus vite", a indiqué à l'AFP un proche de M. Fillon. "Et son programme d'action, ce sont les réponses construites cet automne": le plan de sauvetage des banques, le fonds souverain à la française et le plan de relance de l'économie, a-t-on ajouté.
A Pantin, le chef du gouvernement a aussi juré de poursuivre sans "faiblir" les réformes, "parce que la France en a besoin, on le voit mieux encore dans la période de crise".
Le président Nicolas Sarkozy avait donné le ton mercredi soir, dans sa traditionnelle allocution de voeux.
"Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes", avait-il prévenu, avant d'égréner un chapelet de réformes pour y faire face: l'hôpital, la formation professionnelle, l'organisation territoriale, la recherche, les lycées et la procédure pénale.
"Mes chers compatriotes, toutes ces réformes, je les mènerai avec le Premier ministre François Fillon et le gouvernement, non par esprit de système mais parce qu'elles sont la condition qui permettra à la France de se faire une place dans ce nouveau monde qui se construit", avait enchaîné le président.
François Fillon a été l'unique membre du gouvernement cité par Nicolas Sarkozy dans son discours, qui plus est dans une phrase qui paraissait offrir au Premier ministre une certaine perspective de durer à son poste.
L'Elysée avait fait savoir, dès avant les fêtes, que le remaniement attendu en janvier serait limité. Mais le signe discret contenu dans les voeux présidentiels a été apprécié à Matignon, alors que les "difficultés" se manifestent de plus en plus clairement, comme en a témoigné la brusque hausse des chiffres du chômage en novembre 2008.
François Fillon aura bien besoin aussi de la confiance de l'Elysée dans sa traversée des écueils de la session parlementaire.
Dès mercredi, le Sénat débutera l'examen de la réforme de l'audiovisuel, qui avait suscité une bataille épique à l'Assemblée en décembre.
Les députés discuteront au même moment du plan de relance. Puis, le 13 janvier, la gauche devrait lancer une nouvelle guérilla sur la réforme du travail législatif.
Suivront immédiatement l'extension du travail le dimanche et la réforme hospitalière, deux sujets très polémiques, qui font grincer des dents jusqu'à l'UMP.
Plus que jamais, la mission de François Fillon sera donc de convaincre sa majorité parlementaire, tout en rendant coup pour coup à la gauche.